Nouveau rapport de l’Union européenne sur les maladies chroniques au travail

Eurofound, l’agence européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, vient de publier une nouvelle note d’orientation sur les maladies chroniques au travail en Europe. La Belgique ne s’en sort pas trop mal au sein de l’Union européenne, mais nous devons rester vigilants, car le nombre de personnes atteintes d’une maladie chronique en Europe augmente.

La nouvelle note d’orientation s’intitule « How to respond to chronic health problems in the workplace? ». Le document d’orientation regroupe des données internationales et nationales obtenues auprès de tous les pays de l’Union européenne afin d’avoir un aperçu de la situation actuelle pour les personnes souffrant d’une maladie chronique dans leur rapport au travail.
Quatre thèmes sont au centre du rapport :
  • le nombre de personnes atteintes d’une maladie chronique au travail dans l’Union européenne ;
  • les restrictions auxquelles sont confrontées les personnes souffrant d’une maladie chronique ;
  • la mesure dans laquelle des adaptations sur le lieu de travail sont apportées pour les personnes atteintes d’une maladie chronique ;
  • l’impact positif de ces adaptations.
Les auteurs soulignent que certaines personnes souffrant d’une maladie chronique sont tout simplement incapables de travailler, mais que la plupart des personnes atteintes d’une maladie chronique souhaitent travailler, à condition qu’il soit tenu compte de leurs restrictions.
Nous avons résumé pour vous quelques conclusions marquantes de ce rapport.
  • Un quart de la population active en Europe déclare souffrir d’une maladie chronique. Ce chiffre peut certainement encore augmenter, vu que la population active de l’Union européenne est vieillissante.
  • Il existe un lien évident entre l’âge et la maladie chronique. Les personnes actives de plus de 50 ans sont deux fois plus susceptibles d’être atteintes d’une maladie chronique que les travailleurs de moins de 35 ans.
  • De plus en plus de jeunes travailleurs souffrent d’une maladie de longue durée. Entre 2010 et 2017, le pourcentage de jeunes travailleurs (entre 16 et 29 ans) atteints d’une maladie chronique est passé de 11 % à 18 %.
  • Le pays de l’Union européenne où le nombre de personnes souffrant d’une maladie chronique au travail est le plus faible est la Roumanie avec 5 % (chiffres de 2015). C’est en Finlande que le nombre est le plus élevé avec 34 %. Certains pays de l’Union européenne ont enregistré une diminution du nombre de personnes atteintes d’une maladie chronique dans la population active, comme en Belgique où il s’élevait à 13 % en 2015.
Les facteurs suivants font augmenter le risque de maladie chronique :
  • le vieillissement ;
  • le fait d’être une femme (les femmes sont un peu plus à risques que les hommes) ;
  • le fait d’être peu qualifié ;
  • le travail sous contrat « atypique » (c’est-à-dire pas sous un contrat à durée indéterminée) ;
  • l’activité professionnelle sous le statut d’indépendant, les personnes travaillant à leur compte courant plus de risques de souffrir d’une maladie de longue durée.
Les maladies chroniques les plus courantes (causées ou non par le travail) sont les suivantes :
  • les troubles musculosquelettiques ;
  • les troubles cardiovasculaires ;
  • le cancer ;
  • les maladies respiratoires chroniques ;
  • les troubles psychosociaux.
Adaptations sur le lieu de travail

Un travailleur sur cinq atteints d’une maladie chronique déclare que des adaptations ont été apportées sur le lieu de travail afin de tenir compte des restrictions liées à sa maladie. La majorité des personnes souffrant d’une maladie chronique ne bénéficient donc pas d’adaptations sur leur lieu de travail.
Les adaptations les plus fréquemment apportées sont les suivantes :
  • sur le plan matériel : poste de travail accessible et logiciels de support (reconnaissance vocale...) ;
  • sur le plan non matériel : adaptation du temps de travail, horaires flexibles et télétravail.
Effets positifs des adaptations

Les adaptations permettent d’améliorer la qualité du travail pour les personnes atteintes d’une maladie de longue durée. Les effets positifs les plus fréquents des adaptations sur le lieu de travail sont les suivants :
  • de meilleures perspectives de carrière ;
  • un travail moins intensif ;
  • moins de stress ;
  • un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
La taille de l’entreprise n’a aucun impact sur la possibilité d’apporter des adaptations au travail. Le fait de pouvoir, en tant qu’individu, aborder sa situation de travail avec son employeur et obtenir le soutien de la direction ou de ses collègues a quant à lui un impact positif.

Pour rappel
Quand on parle de maladies chroniques en Belgique, on pense avant tout à la loi relative au travail faisable et maniable et au trajet de réintégration, qui peut désormais être mis en place pour maintenir au travail des personnes souffrant d’une maladie chronique. Il est encore un peu tôt pour en tirer des conclusions, mais il faut espérer qu’Eurofound aura une meilleure vision d’ici quelques années.
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Publié 31-10-2019

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