Particules ultrafines au travail : plus dangereuses qu’on ne le pensait

L'inspiration de particules ultrafines au travail est plus dangereuse qu'on n'avait supposé jusque-là. Lancé par deux spécialistes danois, cet avertissement se base sur les dernières recherches du Centre national danois de recherche sur l'environnement du travail (NFA), l'un des instituts les plus importants dans ce domaine.

Beaucoup des particules que les chercheurs danois ont testées s'avèrent aussi dommageables que celles du diesel, déjà classées cancérogènes par l’Organisation mondiale de la Santé.
Des recherches plus détaillées menées récemment sur toute une gamme de particules « permettent de mieux comprendre pourquoi elles sont dangereuses, et fournissent donc une meilleure base pour la prévention, » souligne le prof. Keld Alstrup Jensen chez le NFA.
« En général, nous avons sous-estimé la dangerosité des particules, » renchérit sa collègue, la prof. Ulla Vogel. Plus les chercheurs examinent différents types de ces particules et leur incidence sur le corps, et plus on se rend compte des risques qu’elles posent. « Ce qui implique de se focaliser davantage sur la réduction de l’exposition des gens aux particules ultrafines, » insiste-t-elle. Plus particulièrement, il faudra surveiller de plus près les processus qui exposent les travailleurs aux particules ultrafines et aux nanoparticules.
C’est que la donne a changé. Pendant longtemps, on a supposé que la composition chimique des particules était déterminante pour leurs effets sur la santé. Mais de nouvelles recherches chez le NFA et ailleurs confirment que c’est également leur taille qui rend les particules ultrafines dangereuses. Les essais sur les souris démontrent que, lorsque les particules ultrafines pénètrent au fond du tissu pulmonaire, elles peuvent entre autres provoquer des inflammations et à plus long terme des maladies pulmonaires et cardiaques.
Des essais récents du NFA ont démontré que les particules contenues dans les émissions des moteurs d’avion, ainsi que les nanoparticules de noir de carbone industriel, provoquent chez les souris les mêmes réactions d’inflammation, de réponse phase aiguë et d’altération de l’ADN que celles du diesel. Or, pour Ulla Vogel, l’ADN endommagé est « un biomarqueur que nous associons en particulier aux effets cancérogènes ».
Prévention

Selon les chercheurs, pour diminuer l’exposition aux particules ultrafines, il faudra repenser certains processus mais aussi faire de la substitution. Par exemple, remplacer les moteurs à combustion par des électriques. L’air purifié peut aussi aider dans beaucoup de situations professionnelles, à condition de se servir de filtres adaptés aux particules ultrafines.
Puis il y a des moyens organisationnels. Par exemple, ajuster les heures de travail des réparateurs de routes pour éviter de les exposer à la circulation lourde. Ou, s’il faut encore faire propulser les trains par des locomotives diesel, placer ceux-ci à l’arrière. A pousser plutôt qu’à tirer les wagons, la locomotive n’y déposera pas ses émissions ultrafines. Tant mieux pour le personnel du train (et les passagers).
Quant aux EPI, tels les masques anti-poussières, ils ne devraient être qu’un « dernier recours ».

Publié 25-09-2019

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