Sécurité

Passage du gaz naturel « pauvre » au gaz « riche » : quelles adaptations apporter à votre installation ?

Suite à l’épuisement progressif du gisement de gaz naturel de Groningen, le gouvernement néerlandais a décidé de supprimer complètement ses exportations de gaz pauvre. La Belgique doit donc se préparer à remplacer le gaz naturel pauvre extrait aux Pays-Bas par un gaz riche en provenance d’autres sources. Cette transition requiert que l’on apporte une série d’adaptations à une partie du réseau de distribution belge, mais peut-être aussi à votre installation.

Gaz naturel « pauvre » contre gaz naturel « riche »

Le gaz naturel étant un produit naturel par définition, il en existe de différents types. Leur composition varie dans le temps et en fonction des couches géologiques composant le sous-sol de leur site d’extraction.

Suivant la valeur énergétique ou la quantité d’énergie que le gaz naturel contient, il est possible d’en distinguer deux variantes :
  • Le gaz naturel pauvre ou gaz naturel à faible pouvoir calorifique (type L) : le gaz naturel à faible pouvoir calorifique utilisé en Belgique provient du gisement Slochteren à Groningen (d’où son autre appellation de « gaz de Slochteren »). Le réseau de distribution L couvre une partie des régions d’Anvers et du Brabant ainsi qu’une fraction du Limbourg et du Hainaut.
  • Le gaz naturel riche ou gaz naturel à haut pouvoir calorifique (type H) : le gaz naturel à haut pouvoir calorifique utilisé en Belgique provient des pays producteurs de GNL ainsi que de gisements situés en mer du Nord et en Russie. Le réseau de distribution H couvre les provinces de Flandre occidentale et Flandre orientale, la majeure partie du Hainaut et des provinces de Namur et de Liège, et une grande partie du Limbourg.
Ce sont là les deux types de gaz naturel distribués en Belgique, bien qu’ils le soient sur des réseaux distincts. Ces deux sortes de gaz sont composées pour l’essentiel de méthane, mais le gaz pauvre est dilué par ajout de 10 à 15 % d’azote, un gaz neutre et incombustible.

C’est leur valeur calorifique qui les distingue, c’est-à-dire la quantité d’énergie différente qu’ils contiennent. En d’autres termes, la combustion de 1 m³ de gaz pauvre génère moins d’énergie que la combustion de 1 m³ de gaz riche, c’est-à-dire qu’on a besoin de plus de gaz pauvre pour chauffer une même quantité d’eau (voir le tableau).

Adaptations aux installations

Suite à l’épuisement progressif du gisement de gaz naturel de Groningen, le gouvernement néerlandais a décidé de supprimer complètement ses exportations de gaz pauvre. Pour la Belgique et la France, le démantèlement s’étendra entre 2024 et 2030 tandis que l’Allemagne assurera la transition entre 2020 et 2030.

La conversion se déroulera progressivement entre 2019 et 2030. Toutes les parties intéressées disposeront ainsi de suffisamment de temps pour procéder aux adaptations nécessaires. Jusqu’en 2030, certaines régions de Flandre et Bruxelles continueront à être approvisionnées en gaz « pauvre » provenant des Pays-Bas.

Chimiquement, les gaz riche et pauvre sont identiques, mais d’un point de vue technique, ils ne peuvent pas être mélangés :
  • la pression de service diffère d’un gaz à l’autre. La distribution de gaz riche à la pression prévue pour le gaz pauvre risque de perturber le fonctionnement de certains appareils (chaudières à gaz, convecteurs, brûleurs...) ;
  • bon nombre d’appareils en service sont réglés pour un type de gaz déterminé ;
  • après étude, il est apparu qu’ajouter de l’azote au gaz riche n’était pas rentable et s’avérait inintéressant à long terme.
La transition nécessite également une série d’adaptations à apporter à une partie du réseau de distribution belge.

Les appareils ne sont pas tous compatibles avec les deux types de gaz.
Pour des raisons de sécurité (danger d’intoxication au CO, risque d’incendie...), tous les appareils à gaz utilisés dans la zone faisant l’objet de la conversion doivent être contrôlés.
Dans certain cas, la chaudière du chauffage central devra être réglée – une opération qui sera effectuée lors de l’entretien périodique obligatoire de la chaudière et du boiler.
Il peut cependant arriver que les adaptations requises ne soient pas possibles pour des appareils plus anciens; ces derniers devront dès lors être remplacés.

Contrôle de l’installation

Le contrôle peut être effectué par un technicien agréé en combustible gazeux. Ces techniciens ne disposent pas d’un agrément spécifique délivré pour le passage du gaz pauvre au gaz riche mais ils peuvent vérifier si l’appareil convient toujours et effectuer les réglages éventuels. Ils sont donc « qualifiés » pour opérer dans le cadre de cette conversion.

Les appareils fonctionnant au propane ou au butane en bouteilles ne doivent pas être contrôlés.

Publié 14-11-2017

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