Pouvez-vous engager des étudiants cet été ? – Mise à jour

Pendant les vacances d’été, beaucoup d’employeurs ont recours à des travailleurs étudiants. Mais est-ce autorisé cette année, dans le contexte de la pandémie de COVID-19 ? L’Europe classe désormais le virus comme agent biologique du groupe 3. Cette définition complexe donne une estimation des risques et peut avoir une influence sur l’organisation du travail des jeunes. Dans cet article, nous expliquerons pourquoi la plupart des employeurs n’ont aucune raison de s’en faire pour leurs travailleurs étudiants.



Le SARS-CoV-2, également appelé coronavirus dans le langage courant, a confronté les employeurs à d’immenses défis. D’ailleurs, le télétravail reste la norme un peu partout. Cet été, la plupart des collaborateurs profitent pourtant de vacances bien méritées. Les entreprises, les magasins et les établissements horeca font donc à nouveau appel aux étudiants pour assurer le travail. Mais qu’est-ce qui change avec le COVID-19 ? Est-il seulement permis d’engager des étudiants cet été ?
Officiellement, le virus est désormais inscrit dans une catégorie qui indique un risque accru pour l’exécution d’activités. Du moins selon l’Europe, car en Belgique, le COVID-19 fait toujours partie des agents biologiques de groupe 2. Mais notre pays adoptera rapidement la classification du virus dans le groupe 3, sur le modèle des directives européennes. Dans les groupes 3 et 4 sont classés les virus qui représentent le plus de risques. C’est notamment le cas du virus Ebola, du groupe 4.
Selon ce nouveau classement, le COVID-19 est considéré comme un virus susceptible de provoquer une affection grave chez les personnes qui le contractent. C’est effectivement exact, même s’il convient de noter que chez 80 % des personnes contaminées, le virus ne provoque qu’une infection légère à modérée des voies respiratoires, voire aucun symptôme chez 10 % des individus. Enfin, si le risque induit par le virus a des conséquences sur certaines activités, dans la plupart des emplois, les étudiants ne sont absolument pas en danger.
Professions à risque
Le classement concerne surtout les travailleurs qui, en raison de la nature de leur fonction, sont en contact avec des agents biologiques comme les virus. Pensez aux travailleurs actifs dans le secteur des soins de santé, aux laborantins, aux vétérinaires, etc. Dans ce contexte, c’est la nature du travail effectué qui importe. Le personnel infirmier a bien entendu une profession à risque, mais ce n’est pas le cas des employés administratifs des hôpitaux. Des mesures spécifiques peuvent s’appliquer aux professions à risque. Ces professionnels sont par exemple soumis à une surveillance de la santé ou doivent porter du matériel de protection (masques, gants, lunettes de protection, etc.).
D’autres employeurs n’ont pas à se soucier de ces considérations. Par exemple, les exploitants d’un établissement horeca peuvent sans problème engager des étudiants pour servir les clients. Le risque de contamination est évidemment présent aussi, mais selon un avis officiel du SPF, il n’est pas lié à la nature du travail effectué. Ce travail ne doit donc pas être considéré comme l’une des « activités interdites ».
Au travail en toute sécurité
Les circonstances restent bien entendu particulières et dans ce contexte, les principes du guide générique « Au travail en toute sécurité » doivent être respectés. Les étudiants doivent par exemple être bien informés, formés et accompagnés dans le cadre de l’application des mesures de prévention sur le lieu de travail. Il s’agit notamment du respect d’une distance suffisante et du lavage régulier des mains. Ou encore du port du masque buccal dans les lieux où il est imposé par les directives.
Les jobs de vacances sont très divers. Des guides ont donc été élaborés aussi pour des secteurs spécifiques. Dans les établissements horeca et les magasins, il est par exemple important de garantir la sécurité et le bon déroulement des activités tant pour le personnel que pour les clients. Des directives spécifiques s’appliquent dès lors à ces cas de figure. Les guides sont téléchargeables gratuitement sur le site web du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale.
Activités interdites
Que faire si l’exposition aux agents des groupes 3 et 4 est inhérente à un job d’étudiant ? Le Code du bien-être au travail dispose qu’il est interdit d’occuper des jeunes à des travaux dangereux. Dans le secteur des soins de santé, il n’est donc pas permis d’engager des étudiants, à moins que ce travail ne s’inscrive dans le cadre d’un stage. Les étudiants doivent en effet apprendre à gérer ce type de risques ainsi que les mesures de prévention en vigueur.
Concrètement, il faut satisfaire à cinq conditions pour pouvoir déroger aux activités interdites :
  • L’étudiant est âgé de minimum 18 ans.
  • Les activités correspondent à sa filière d’études.
  • L’employeur prend les mesures de prévention requises.
  • Un travailleur expérimenté est présent pour accompagner le jeune.
  • Le comité et le conseiller en prévention ont été consultés.
En résumé : seuls les étudiants en médecine ou en soins infirmiers sont autorisés à effectuer, dans les bonnes conditions, un travail dans lequel ils peuvent être directement exposés au virus. Pour les jobs de vacances plus classiques, ils ne peuvent présenter un risque inhérent pour l’étudiant qui les effectue. Si vos collaborateurs habituels ne courent aucun risque particulier, vous pouvez donc tout à fait engager des étudiants, moyennant le respect des mesures de prévention appropriées.
 

Auteur: Edelhart Kempeneers

Publié 16-07-2020

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