Sécurité

Près de la moitié des accidents du travail mortels surviennent dans la circulation

Chaque année, 60 personnes décèdent en moyenne dans un accident du travail survenu dans la circulation (sur un total de 123 décès), tandis que 1 900 victimes environ présentent une incapacité de travail permanente résultant d’un accident de la circulation. Près de 85 % de ces accidents du travail sur la route surviennent lors du trajet entre le domicile et le lieu de travail. C’est ce que révèle une analyse de l’IBSR réalisée sur la base des chiffres du Fonds des Accidents du Travail pour la période 2010-2014.

Les accidents de la circulation sont plus graves que les autres accidents du travail

Les accidents du travail survenus sur la route ont des conséquences significativement plus lourdes que les accidents du travail ordinaires : par tranche de 1 000 accidents de la circulation, 126,2 débouchent sur un décès ou une incapacité permanente, contre 93,8 seulement pour les autres accidents du travail. Outre les dommages corporels, le coût direct des accidents du travail sur la route est énorme : 86 000 euros pour un accident donnant lieu à une incapacité de travail permanente et 400 000 euros pour un accident mortel – et cela, sans compter de nombreux coûts indirects qui atteignent souvent des montants encore supérieurs : temps de travail perdu à la suite d’un congé de maladie, voitures de société sinistrées, remplacement du personnel et formation des remplaçants, perte de clients insatisfaits par un rendement plus faible, etc.

Des groupes de risques en fonction du mode de transport

La plupart des accidents du travail survenant dans la circulation impliquent des cyclistes et des conducteurs de voiture.

De nombreuses entreprises élaborent des programmes spécifiques pour encourager leurs salariés à se rendre au travail en vélo. C’est une démarche positive, car le vélo est bon pour la santé. « Nous invitons les employeurs et les pouvoirs publics à sensibiliser leurs travailleurs cyclistes à privilégier la sécurité », explique Karin Genoe (IBSR). « Non seulement en veillant à ce que les gens circulent avec un vélo conforme sur le plan technique, mais aussi en attirant leur attention sur l’importance d’être bien visible. De plus, il est essentiel que les cyclistes soient conscients de la manière dont les autres usagers de la route interagissent avec eux. »

Trop souvent, le temps passé en voiture pour se rendre au travail ou en revenir est considéré comme du temps perdu. Les travailleurs comme les employeurs doivent prendre conscience que ce n’est pas le cas. Circuler en voiture est une action qui requiert une attention de tous les instants. « Se laisser distraire en vérifiant ses mails et en téléphonant favorise les accidents », expose Karin Genoe. « Les pouvoirs publics peuvent également contribuer à atténuer le problème en élaborant des mesures qui rendent le télétravail fiscalement plus avantageux. L’employeur comme le travailleur seront ainsi incités à réduire les déplacements. »

Road Safety at Work

Les employeurs doivent prendre conscience que le coût direct et indirect des accidents de travail survenant sur la route est élevé. Dans de nombreuses entreprises, la sécurité au travail est une thématique prépondérante depuis longtemps. Il est désormais temps de se pencher sur la sécurité au travail dans la circulation, d’autant que ces accidents sont souvent plus graves.

Karin Genoe : « Avec Road Safety At Work, l’IBSR propose aux entreprises un programme sur mesure qui non seulement se penche sur les risques génériques inhérents à la circulation, mais analyse aussi la manière dont les travailleurs se déplacent. Un plan de mobilité adapté est alors élaboré sur cette base. Des cours de formation et de sensibilisation sont également mis à la disposition des travailleurs, le tout dans le but de réduire le nombre d’accidents de travail survenant dans le trafic. »

Publié 11-05-2016

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