Sécurité

Presque un Belge sur cinq est accro au travail

Il ressort d’une étude de Securex que près d’un Belge sur cinq (17 %) est accro à son travail. Mais tant les personnes dépendantes du travail elles-mêmes que leurs employeurs subissent une série d’inconvénients suite à leur rythme de travail élevé et à leur compulsion à travailler. L’impact de l’addiction au travail se fait sentir tant à la maison qu’au travail. Deux tiers des personnes dépendantes du travail (66 %) constatent que cela a d’importantes répercussions sur leur santé. Ils sont de surcroît plus sensiblement sujets au stress, ce qui accroît les risques de burn-out.

Types de travailleurs

Travaille Très dur Pas très dur
Compulsivement Accro au travail Travailleur compulsif
Pas compulsivement Travailleur assidu Travailleur ordinaire
 

Securex distingue quatre types de travailleurs : les « accros au travail », les « ordinaires », les « compulsifs » et les « assidus ». Les employés peuvent se distinguer à travers les deux dimensions de la dépendance au travail : le travail dur et le travail compulsif.
  • 61 % des travailleurs ne travaillent ni compulsivement ni de manière assidue et sont donc des travailleurs « ordinaires ».
  • 11 % des travailleurs belges travaillent compulsivement, mais pas de manière « assidue ».
  • 12 % des travailleurs appartiennent au groupe qui travaille de manière assidue sans le faire compulsivement.
  • Près d’un travailleur belge sur cinq est un accro au travail (17 %). Les accros au travail travaillent de manière assidue et exagérée, mais contrairement aux travailleurs assidus, ils le font compulsivement. Les accros au travail ont le sentiment qu’ils « doivent » travailler parce que c’est leur devoir ou parce qu’à défaut, ils se sentent coupables.

Qu'est ce qu'une personne dépendante du travail ?

« Vous reconnaissez immédiatement les personnes dépendantes », explique Hermina Van Coillie, experte HR chez Securex. « Ils sont toujours durs au travail, n’ont pas de temps pour autre chose, se sentent obligés de travailler tard ou durant le week-end. Et ils marchent également toujours avec un froncement de sourcil ». Pour eux, la frontière entre « travailler » ou « ne pas travailler » est souvent floue parce qu'ils choisissent des activités relaxantes qui améliorent ou complètent leur travail. Ils se sentent coupables lorsqu'ils prennent congé. Ils signalent aussi souvent des problèmes conjugaux.

Une dépendance au travail est une mauvaise nouvelle aussi bien pour les travailleurs que pour les employeurs. En raison de la pression constante, les dépendants au travail éprouvent beaucoup de stress. C’est le cas de plus de 8 dépendants au travail sur 10. Deux accros au travail sur trois (66 %) indiquent que le travail a un impact négatif sur leur santé. La moitié des travailleurs compulsifs confirment la chose, tandis qu’un tiers (31 %) des travailleurs assidus et ordinaires en font état. Cela ressort également des chiffres sur l’absentéisme. Ce sont surtout les accros au travail et les travailleurs assidus et compulsifs qui se portent fréquemment malades (21 % sont absents trois fois par an ou plus pour cause de maladie ou en raison d’un accident privé, contre 13 % chez les travailleurs ordinaires).

Les accros au travail et les travailleurs compulsifs éprouvent également des conséquences négatives directes sur leur lieu de travail. Ils se rendent, par exemple, moins souvent avec plaisir à leur travail (63 %) comparé à leurs collègues travailleurs assidus ou ordinaires (73 %). Ils se sentent plus souvent mal dans leur peau à leur travail (64 % contre 39 %) et sont moins souvent satisfaits de la teneur de leur travail (72 % contre 78 %) et de leur environnement de travail (67 % contre 76 %). Un cinquième des accros au travail et des travailleurs compulsifs ont l’intention de changer de travail à court terme (contre 8 % des travailleurs assidus et ordinaires).

« Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les accros au travail ne sont pas nécessairement plus motivés à travailler que leurs collègues. En revanche, leur motivation est différente. Et comme leur motivation part d’un sentiment négatif qu’ils ‘doivent’ travailler, leurs prestations sont de moindre qualité », explique Hermina Van Coillie.

Ce sont précisément le caractère compulsif et le sens du devoir qui rendent négative la relation d’un accro au travail (et d’un travailleur compulsif) avec son travail. Le fait de travailler dur parce que les travailleurs trouvent que leur travail est agréable et a du sens, sans qu’ils s’y sentent contraints, leur procure au contraire de l’énergie.

Publié 28-02-2018

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