Sécurité

Prévention et bien-être au travail pour chacun, y compris pour les indépendants ?

Entre 2011 et 2015, le nombre d’indépendants en maladie de longue durée a augmenté d’un peu plus de 25 %. Les chiffres concernant les indépendants en incapacité de travail pour une période de plus de six mois ont quant à eux enregistré une hausse d’un peu plus de 10 %. Le nombre d’indépendants en incapacité de travail de longue durée pour cause de problèmes d’ordre psychologique est passé de 3980 en 2011 à 5035 en 2015. La députée Griet Smaers estime que le gouvernement doit de toute urgence investir dans la prévention et la réintégration de ces travailleurs.

Durant «Voor de dag», une émission flamande diffusée sur Radio1, Griet Smaers (CD&V) a déclaré que cette augmentation était principalement due à la hausse des burn-out, qui s’explique notamment par «la féminisation et le fait que les indépendants partent plus tard à la retraite». Lors d’un entretien accordé à De Standaard, Caroline Deiteren, du service d’étude d’Unizo, précise que les chiffres officiels ne reflètent pas suffisamment la réalité. Alors que le nombre de malades de longue durée a augmenté de 54 % parmi les travailleurs salariés, ce chiffre n’a progressé que de 28 % pour les indépendants, soit près de deux fois moins.

Unizo souhaite que la sécurité sociale mette un budget santé à la disposition de chaque indépendant. Celui-ci pourrait alors s’en servir durant sa carrière afin d’effectuer divers investissements dans le domaine de la prévention et du bien-être. Unizo insiste également sur l’importance d’accorder davantage d’attention à la santé, la sécurité, la prévention et le bien-être durant la formation professionnelle, de manière à ce que les indépendants puissent reprendre plus rapidement le travail.

Dans De Standaard, Mme Smaers invite le gouvernement à investir dans la prévention et la réintégration : «Les indépendants ont eux aussi droit à un niveau suffisant de prévention et de bien-être au travail. Malheureusement, le statut social des travailleurs indépendants ne prévoit aucun volet préventif de ce type. Il est temps d’entamer le débat.»

La question ne fait toutefois pas partie des priorités de Maggie De Block, la ministre de la Santé publique. On retrouve en effet en tête de son programme un projet de réintégration en faveur des travailleurs salariés en congé maladie de longue durée. Viennent ensuite les projets de réintégration des fonctionnaires statutaires en congé maladie de longue durée. C’est n’est qu’une fois ces projets réalisés que la ministre De Block se penchera sur des initiatives semblables en faveur des indépendants. Voilà ce qu’a décidé le gouvernement fédéral.

Sur le plan économique, les principaux points noirs qui menacent actuellement les indépendants sont l’absence d’un filet de sécurité au cours du tout premier mois, puis l’application du système d’indemnité forfaitaire. Si celui-ci rend la situation des indépendants délicate, c’est essentiellement parce que ces derniers perçoivent un montant fixe qui ne dépend pas du revenu qu’ils percevraient normalement. Pour un indépendant avec charge de famille, cette indemnité s’élève actuellement à 1298 euros. L’absence d’un filet de sécurité digne de ce nom n’est donc pas sans danger, puisque les indépendants qui se retrouvent dans une telle situation risquent ainsi de tomber dans la pauvreté.

Publié 10-08-2016

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