Sécurité

Qualité de l’air dans les gares souterraines et stations de métro

La qualité de l’air dans les gares souterraines et les stations de métro en France est un sujet de préoccupation depuis plusieurs années. L’Agence française nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) met en garde les autorités: la pollution de l’air mise en évidence pourrait présenter un risque pour la santé des travailleurs y exerçant leur activité professionnelle.

PM10

Outre les gaz, l'atmosphère contient des matières en suspension en phase liquide et solide (aérosols), représentant un mélange complexe de substances chimiques organiques et inorganiques et que l'on regroupe sous le terme général de "particules en suspension" ou "PM" de l’anglais "Particulate Matter".
 
Dans le cadre d’une étude de la qualité de l’air, ces particules sont classées en fonction de leur "diamètre aérodynamique", qui correspond au diamètre moyen d’une sphère qui posséderait des propriétés aérodynamiques équivalentes. L'appellation "PM10" désigne les particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (noté 1 µm = 10-6 m, c'est-à-dire 1 millième de millimètre). Le diamètre des particules fines PM2.5 et PM1 est respectivement inférieur à 2,5 et à 1 µm.

Qualité de l’air dans les zones souterraines

En France, des mesures de la qualité de l’air sont réalisées dans des gares souterraines et stations de métro à Paris, Lille, Lyon, Marseille, Rennes et Toulouse depuis le début des années 2000. Celles-ci ont notamment mis en évidence des concentrations en PM10 très supérieures à celles mesurées dans l’air extérieur.
 
Les constituants majeurs identifiés sont différents métaux dont le fer, du carbone élémentaire et du carbone organique. D’autres polluants chimiques ont été identifiés: il s’agit de polluants tels que des hydrocarbures aromatiques (toluène, phénanthrène, fluoranthène, anthracène et pyrène), et plus rarement le benzène, le dioxyde d’azote et le benzo(a)pyrène. Ces polluants sont présents à des concentrations parfois supérieures à celles mesurées à l’extérieur.
 
Ces particules sont principalement générées par l’usure des matériaux (friction roue-frein des rames de voyageurs, suivie du contact roue-rail et du contact entre le matériel roulant et le système d’alimentation électrique). Ces particules sont riches en métaux (principalement du fer) et en carbone. On sait aussi que les particules de l’air présentes dans ces enceintes ont des caractéristiques physicochimiques différentes des particules de l’air extérieur.

Toxicité

Les connaissances en matière de toxicité des particules en suspension dans les enceintes ferroviaires souterraines sont bien plus limitées que pour les particules de la pollution atmosphérique urbaine. Quels sont les risques pour la santé des travailleurs exposés à ces particules? On sait que, parmi les particules qui pénètrent dans l’appareil respiratoire, les plus fines (PM2.5) sont capables de se déposer au niveau des alvéoles pulmonaires.
 
L’Anses conclut qu’il est probable que l’exposition chronique aux particules des enceintes ferroviaires souterraines provoque une inflammation des voies respiratoires. Mais, sur le plan épidémiologique, les données disponibles relatives aux travailleurs en enceintes ferroviaires souterraines ne permettent pas de statuer sur les risques à long terme.

Travailleurs concernés

Dans son avis, l’Anses note que l’ensemble des travailleurs exerçant notamment dans les domaines de l’exploitation du transport, l’organisation du transport et des services, les commerces, la police, la sécurité, la prévention sont concernés. Mais les risques pour la santé sont vraisemblablement plus élevés pour les travailleurs en charge de la maintenance des infrastructures compte tenu des émissions des motrices diesel et des travaux de maintenance eux-mêmes.
 

Publié 22-10-2015

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