Sécurité

Sixième enquête européenne sur les conditions de travail

La Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) a publié les premiers résultats de la sixième enquête sur les conditions de travail (EWCS 6). L'enquête montre une image contrastée de l'Europe au travail, mais avec une série d'évolutions positives.

Eurofound a interrogé plus de 43 000 travailleurs dans 35 pays européens pour la sixième édition de cette enquête. Les entretiens en face à face ont été conduits au domicile des répondants et englobent des questions variées sur leurs conditions de travail. Toutes les informations recueillies sont traitées dans la plus stricte confidentialité et l’anonymat de chaque personne interrogée est garanti. Cette enquête a ciblé des travailleurs sélectionnés au hasard dans un échantillon statistique – comprenant un panel représentatif de la société – incluant entre 1 000 et 3 300 personnes par pays.

Cette enquête aborde des sujets relatifs à la qualité du travail et fournit des informations sur des thèmes très variés: l’exposition aux risques physiques et psychosociaux, la durée et l’organisation du temps de travail, le statut professionnel et le contrat de travail, le lieu de travail, l’organisation du travail, l’équilibre entre vie professionnelle et vie de famille et les conséquences du travail sur la vie en dehors du travail, la formation et l’apprentissage au travail, la voix du travailleur sur son lieu de travail, la santé et le bien-être, ainsi que le salaire. Cette sixième enquête est un évènement important pour Eurofound: elle se base sur les leçons tirées des cinq enquêtes précédentes et met en lumière la formidable diversité de tendances en matière de lieu de travail en Europe au cours de ces 25 dernières années.

À ce jour, Eurofound a réalisé six enquêtes européennes sur les conditions de travail: en 1991, 1995, 2000-2001, 2005,2010 et 2015. Cette sixième enquête concerne 35 pays – les 28 États membres de l’UE, cinq pays candidats (Albanie, ancienne République yougoslave de Macédoine, Monténégro, Serbie et Turquie), ainsi que la Suisse et la Norvège – faisant de cette enquête la plus complète à ce jour pour ce qui est du nombre de pays couverts. Entretemps les premiers résultats sont consultables sur le site d’Eurofound, en plus d’un résumé des premières constatations (en anglais).

Une image positive, mais quelques points problématiques

La plupart des travailleurs sont satisfaits de leur temps de travail (58%), se sentent soutenus par leur directeur (58%) et leurs collègues (71%) et estiment que leur organisation les motive à donner le meilleur dans leur travail (63%).

Mais entre-temps, la ségrégation de genre perdure sur le marché du travail européen, même si le nombre de femmes à un poste de direction augmente. Les jeunes travailleurs perçoivent une intensité au travail et une insécurité d'emploi croissantes. Les travailleurs plus âgés ont un accès moindre aux formations. Les risques physiques sont toujours présents et on note d'énormes différences en matière de qualité du travail entre les diverses professions.

Temps de travail

L'enquête confirme une situation différentiée en matière de temps de travail: les heures de travail continuent de diminuer, le nombre de travailleurs à temps partiel augmente et les travailleurs indépendants travaillent plus longtemps que les salariés. Si on observe un nombre moins important de travailleurs occupés 48 heures ou plus, le nombre de travailleurs à temps partiel a, quant à lui, augmenté au fil du temps. Bien que l'écart général entre les genres se soit réduit, il reste considérable, les hommes travaillant en moyenne 39 heures et les femmes 33 heures par semaine dans leur emploi principal rémunéré. De manière générale, les femmes travaillent plus longtemps si l'on additionne heures de travail rémunérées et non rémunérées.

Différences en termes de genre

Les résultats montrent également que les différences entre genres restent une caractéristique permanente du marché du travail européen. Alors que le nombre de travailleurs ayant indiqué avoir une femme comme supérieur est passé de 24% en 2000 à 33% en 2015, la ségrégation de genre reste un phénomène persistant puisque plus de la moitié de tous les travailleurs signale partager leur fonction principalement avec des travailleurs du même sexe (58% pour les hommes et 54% pour les femmes).

Sécurité et santé

Seul un travailleur sur dix (10%) ne s'estime pas (très) bien informé sur les risques pour sa santé et sa sécurité lors de l'exécution de son travail. Globalement, le pourcentage de travailleurs qui signalent que leur santé est en danger en raison de leur travail a diminué de 31% en 2000 à 23% en 2015.

Violence

La violence au travail peut prendre différentes formes et constitue un facteur de risque important pour la santé mentale. Près d'un travailleur sur six (15%) déclare avoir été victime d'un comportement social désobligeant ou de violence, de harcèlement (sexuel) avec des conséquences négatives graves pour les travailleurs concernés.

Formations

La part des formations payées par les employeurs a augmenté au cours des dix dernières années. Les jeunes travailleurs ont une plus grande probabilité d'apprendre de nouvelles compétences au travail que les travailleurs plus âgés. Les travailleurs de plus de 50 ans font état de moindres perspectives en matière de développement de carrière et de moins d'opportunités de formation.
 

Publié 28-01-2016

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