Sécurité

Stress au travail ? Les troubles auditifs en sont peut-être responsables

Dans de nombreuses professions, les aptitudes communicationnelles jouent un rôle important. Or, une étude scientifique révèle que les troubles auditifs peuvent empêcher les travailleurs de communiquer de façon optimale, ce qui génère à son tour un stress, voire un burn-out.

Un problème sous-estimé

Professeurs, personnel soignant, managers, chauffeurs, vendeurs, conseillers, employés de magasin... Il ne s’agit là que de quelques exemples des nombreux professionnels censés pouvoir communiquer efficacement. Tous ne travaillent pas dans un environnement où le niveau sonore dépasse 80 décibels, mais s’ils entendent moins bien, cela peut avoir une incidence majeure sur l’exécution de leurs tâches. Communiquer dans un environnement où règne un bruit de fond élevé demande en effet un grand effort mental. Résultat : au terme de la journée, ces personnes sont complètement épuisées. Et le scénario se répète de jour en jour, jusqu’à ce qu’elles finissent par craquer.

Du stress et de la fatigue à l’isolement social

Différentes études ont déjà démontré que les travailleurs présentant des troubles auditifs étaient plus souvent et plus longtemps malades. Entendre moins bien entraîne non seulement du stress et de la fatigue, mais peut aussi déboucher sur l’isolement social, ce qui augmente le risque de troubles psychosociaux comme la dépression ou le burn-out.
L’avertissement explicite des médecins d’entreprise
Les médecins d’entreprise, qui identifient eux aussi une corrélation entre les troubles auditifs et les problèmes de stress, lancent un avertissement explicite sur la question. L’un d’eux, Bas Sorgdrager, est médecin d’entreprise et consultant auprès du Nederlands Centrum voor Beroepsziekten, le Centre néerlandais pour les maladies professionnelles. Depuis 2003, il étudie la problématique du fonctionnement des collaborateurs souffrant de troubles de l’audition. «Dans ce cadre, je ne cible pas tant les travailleurs exposés à une contrainte sonore trop élevée dans l’exercice de leur métier, mais plutôt les groupes professionnels pour lesquels les problèmes d’audition exercent un impact supplémentaire majeur sur leur mode de fonctionnement.»

Un coupable sournois

En tant que source de problèmes de stress ou de burn-out liés au travail, les troubles auditifs ne se remarquent pas d’emblée et constituent dès lors un problème sous-estimé.
Comme ces troubles s’installent très insidieusement, les gens n’ont généralement pas conscience qu’ils doivent produire plus d’efforts pour bien communiquer avec leurs collègues, leurs clients ou leurs élèves. Et s’ils continuent à travailler dans ces conditions, ils courent le risque d’être victimes tôt ou tard d’un burn-out. Selon Sorgdrager, les gens tombent des nues quand ils apprennent que la coupable est leur ouïe. «Une fois la cause connue, vous pouvez prendre des mesures qui permettent un retour au travail. Parfois, quelques petites adaptations suffisent. Ainsi, une modification de l’agencement du poste de travail peut déjà faire une grande différence.» Sorgdrager n’est pas partisan des bureaux paysagers : «J’invite tous les employeurs à mettre un terme à cette pratique. Les bureaux organisés en îlots sont bruyants et empêchent les collaborateurs de travailler au calme.»

«Qu’en est-il de votre audition ?»

« Les gens qui exercent une profession liée à la communication évoluent généralement dans un environnement bruyant », poursuit Sorgdrager. «Dès lors, si un collaborateur atteint d’un déficit auditif qui n’a pas encore été diagnostiqué ne comprend pas bien son interlocuteur, il mettra souvent le problème sur le compte du bruit ambiant. Mais les probabilités sont grandes de le voir se plaindre au fil du temps de troubles imputables à une plus grande fatigue. Et s’il consulte son médecin traitant ou le médecin de l’entreprise, le praticien aura toutes les peines du monde à identifier le fautif au terme de cette seule consultation. Par contre, le médecin peut très bien l’interroger sur la qualité de son audition. Dans ce genre de situation, cette question devrait d’ailleurs être posée systématiquement. J’ai moi-même pu constater régulièrement lors de mes consultations que les troubles graves découlant d’un stress ou d’une fatigue résultaient souvent d’un problème d’ouïe.»

Les jeunes, eux aussi, sont à risque

Les problèmes auditifs frappent toutes les catégories d’âge et bien que la perte de l’audition soit plus fréquente chez les seniors, certains jeunes courent également le risque d’être victimes de ce problème. Car lorsque la communication devient plus difficile, que les collègues ne savent pas quelle attitude adopter face à ces troubles auditifs et que le travailleur se replie de plus en plus sur lui-même, les symptômes de stress apparaissent très rapidement.

Prévention

Un test de l’audition peut aider à identifier à temps le groupe à risque. Et un accompagnement approprié de ce dernier doit permettre d’éviter de sombrer. Sorgdrager : «Le tout est à présent de parvenir à inciter les professionnels exerçant un métier dans la communication à passer régulièrement un test de l’ouïe. Il est possible de recourir à l’audiogramme, mais on constate que le seuil à franchir est assez élevé. Un test de conversation sur fond sonore, réalisé en ligne, se prête mieux à ce genre d’examen périodique. Ce dernier peut être passé n’importe où, au moment qui convient le mieux au collaborateur.»
Le test en ligne de HearOn aide ainsi à détecter les troubles auditifs à un stade précoce sans fixer un seuil d’accès rédhibitoire. www.hearon.nl (en néerlandais uniquement).
 

Publié 06-03-2017

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