Travail sur écran et port de lunettes bifocales : quid en cas de douleurs cervicales ?

Dans une bonne position assise ergonomique derrière un écran, le bord supérieur de l’écran doit être à la hauteur des yeux. Le « regard de repos » s’oriente alors vers le milieu de l’écran et la nuque est légèrement penchée (10 à 15 degrés) vers le bas. Pour les travailleurs sur écran qui portent des lunettes bifocales ou des lunettes de lecture, l’écran doit généralement être placé plus bas. Cette position peut cependant engendrer des douleurs, car elle est plus contraignante pour les muscles cervicaux et il y a plus de risques de reflets gênants. Dans certains cas, le port de lunettes d’ordinateur peut être une solution.

Presbytie et travail sur écran
Le cristallin est la lentille naturelle de l’œil, qui projette les objets sur la rétine. Les objets à différentes distances du cristallin apparaissent aussi nettement de l’autre côté à différentes distances. La distance entre le cristallin et la rétine est fixe, c’est donc le cristallin qui doit s’adapter. La contraction des fibres musculaires autour du cristallin le fait se bomber et permet à l’œil d’effectuer la mise au point de près. Ce mécanisme est appelé l’accommodation. Entre 40 et 50 ans, le cristallin perd de sa souplesse et l’accommodation devient plus difficile. Ce phénomène est appelé presbytie ou presbyopie. Lorsqu’on est amené à contracter longtemps les muscles responsables de l’accommodation lors du travail sur écran, ces muscles finissent par se fatiguer. Les yeux brûlent, sont irrités et la vue se trouble en fin de journée. Plus on vieillit, plus le cristallin perd de sa souplesse et plus vite les yeux se fatiguent.
Soutien de l’œil
Les lunettes de lecture rectifient la réfraction de la lumière. Elles permettent la mise au point à une distance d’environ 30 cm. Les muscles de l’accommodation restent au repos et les yeux ne se fatiguent pas, même s’ils doivent lire longtemps.
Les lunettes bifocales sont divisées deux zones de vision : une zone supérieure pour la vision normale ou qui corrige l’hypermétropie ou la myopie et permet la mise au point à une distance de plus de 2 mètres ; et une zone inférieure qui permet la mise au point à 30 cm. Ce type de lunettes peut toutefois causer des problèmes chez les personnes qui travaillent beaucoup sur écran. Dans une position assise correcte, le travailleur regarde l’écran à travers la zone supérieure de ses lunettes à une distance de 50-70 cm. À force de faire des efforts d’accommodation, les yeux se fatiguent. Si l’on regarde à travers la zone inférieure, il faut diminuer la hauteur de l’écran et le rapprocher. Cela entraîne alors des douleurs cervicales et des reflets gênants.
Les lunettes d’ordinateur corrigent ce problème : elles agissent exactement comme des lunettes de lecture, mais la mise au point se fait à environ 60 cm. Les muscles de l’accommodation peuvent donc se reposer pendant le travail sur un écran d’ordinateur.

Quand l’employeur intervient-il ?
Les lunettes d’ordinateur offrent une correction spécifique exclusivement liée au travail sur écran d’ordinateur. Elles ne corrigent ni l’hypermétropie, ni la myopie, ni la presbytie. En cas de problèmes, le travailleur doit donc, dans un premier temps, opter pour des lunettes pour la vision de loin et/ou pour des lunettes de lecture. Si cela ne résout pas le problème, il peut bénéficier d’une intervention pour des lunettes d’ordinateur. Les tests oculaires sont effectués avec ces lunettes chez le conseiller en prévention-médecin du travail.
La procédure concrète et les modalités de remboursement varient d’un employeur à l’autre.

Publié 03-10-2019

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