Sécurité

Travailler debout au bureau est-il réellement bénéfique ?

En moyenne, un Belge reste assis sept heures par jour devant un bureau, soit deux heures de plus que la moyenne européenne. Les médecins comme les kinésithérapeutes recommandent de se lever et de marcher dix minutes après chaque heure de travail passée en position assise. Cependant, une visite à la photocopieuse ou au percolateur ne s’impose pas nécessairement toutes les soixante minutes. En outre, il arrive que nous soyons pressés par le temps. Aussi cette règle passe-t-elle souvent aux oubliettes. Travailler debout pourrait éventuellement résoudre le problème. En théorie, cela renforce la concentration et aide donc à combattre la somnolence, c’est nettement meilleur pour le dos et le corps brûle davantage de calories. En pratique, ces bienfaits sont toutefois largement surestimés. Certes, travailler debout présente de sérieux avantages par rapport au travail assis, mais selon un article de Trends, et comme dans beaucoup de domaines, l’excès nuit en tout.
 
De nombreux chercheurs soulignent le fait que garder la même position pendant une longue période est mauvais pour la santé. Et ce, peu importe que nous restions assis ou debout : à terme, les deux positions finissent par avoir un impact négatif. Rester debout trop longtemps dans la même posture entraîne notamment des problèmes de dos, des douleurs musculaires dans les jambes ou l’apparition de varices. Il est dès lors beaucoup plus important de bouger que d’envoyer ses e-mails, lire ses rapports ou taper à l’ordinateur ses notes et offres debout devant une table haute. Par « bouger », nous entendons notamment changer régulièrement de position, bouger les jambes et les pieds, ou encore marcher.

L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail conclut elle aussi qu’il vaut mieux alterner les positions assise et debout au travail. Rester statique trop longtemps, assis ou debout, accroît en effet le risque de lésions de surcharge. « Il est possible de limiter ce risque en alternant les postures de travail et en prenant des pauses pour bouger », précise l’agence. Mais pour pouvoir alterner les deux positions, il faut disposer d’un mobilier adapté, notamment d’une table de travail ou d’un bureau dont on peut facilement régler la hauteur. Certaines personnes troquent régulièrement leur fauteuil de bureau contre un ballon ou un siège ergonomique de type repose-genoux, voire passent même au « fauteuil intelligent » qui émet automatiquement un signal quand vous adoptez une mauvaise posture ou que vous restez assis trop longtemps.
 
Bien sûr, alterner position assise et station debout n’est pas possible dans toutes les entreprises. Cela reste toutefois envisageable pour la majorité des activités de bureau. Gardez cependant à l’esprit qu’un arrêté royal impose aux employeurs de réaliser une analyse des risques pour toute activité devant être exécutée debout. Cette analyse doit déterminer la durée et l’intensité du travail ainsi que l’exposition du corps à une contrainte statique. Ce texte formule par ailleurs des recommandations relatives aux locaux de repos et aux places assises.
 
Informations complémentaires : l’AR dont il est question dans cet article est l’AR sur les lieux de travail (art. 67-70). Toutes les informations en matière d’ergonomie qui figurent dans cet AR (y compris celles se rapportant au travail debout) sont abordées dans une contribution de Roeland Motmans "l'arrêté sur les lieux de travail dans la pratique ergonomique"
 

Hoe heilzaam is rechtstaand werken op kantoor nu eigenlijk ?, Trends, 10 juin 2016

 

Publié 23-06-2016

  39