Sécurité

Travailleuses enceintes : une discrimination toujours bien réelle

L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes est à la recherche de mères qui souhaitent témoigner du traitement que leur employeur réserve aux travailleuses enceintes.

Cette institution publique fédérale est régulièrement amenée à se pencher sur des plaintes faisant état d’une discrimination à l’égard de femmes enceintes qui, en dépit de la législation qui les protègent, perdent leur travail et se voient montrer la porte. Jusqu’à quel point ce problème est-il répandu et où les choses vont-elles bien ? En collaboration avec la Vlerick Business School, l’Institut met en route une enquête sur les rapports des femmes enceintes avec leurs collègues, supérieurs, collaborateurs, clients, fournisseurs… Les entrepreneuses et les femmes à la recherche d’un emploi seront également incluses dans l’étude. L’Institut lance un appel à témoins.

Liesbet Stevens, directrice adjointe de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, explique les raisons à l’origine de cette étude : « Les plaintes que nous recevons sont bien sûr très révélatrices. C’est au niveau des licenciements, des conditions de travail et d’engagement que se situent les principaux problèmes rencontrés. Bien qu’ils n’en aient pas le droit, certains employeurs n’hésitent pas à interroger les candidats au sujet de leur désir d’enfant lors de l’entretien d’embauche. Non-reconduction des contrats, promesses de promotion non tenues… L’Institut a ainsi entendu en 2015 nombre de récits interpellants. Dans 39 % des cas, il existe un lien direct avec la grossesse. Ne s’agit-il que des plus malchanceuses ou, au contraire, de la partie visible de l’iceberg ? »

La précédente étude (2008) commanditée par l’Institut montre que la discrimination des femmes enceintes reste une réalité : 75 % des travailleuses interrogées déclarent que leur grossesse a eu au moins une conséquence négative en milieu professionnel. Une enquête néerlandaise similaire indique par ailleurs que le phénomène ne s’atténue pas, mais que les femmes déposent désormais moins vite plainte. Une étude britannique récente révèle que les femmes enceintes sont souvent la cible de harcèlements.

L’Institut invite dès lors les jeunes mères à partager leurs expériences positives et négatives en envoyant un e-mail à l’adresse egalite.hommesfemmes@iefh.belgique.be. Le site de l’Institut fournit un lien qui permet de participer à l’enquête.

Les femmes qui sont elles-mêmes victimes ou témoins d’une discrimination ont bien sûr la possibilité de prendre contact avec l’Institut au numéro gratuit 0800/12 800 ou de remplir le formulaire de signalement mis en ligne sur son site.

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Publié 24-11-2016

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