Trop d'accidents du travail dans la construction, le secteur veut les réduire de moitié d'ici 2020

La construction vise à réduire de moitié le nombre élevé d'accidents de travail dans le secteur d'ici 2020. En 2016, quelque 15.000 travailleurs de la construction ont été victimes d'un accident du travail. Cela représente 11% de tous les accidents de travail qui se produisent en Belgique. Avec ce chiffre, notre pays obtient des scores inférieurs à la moyenne européenne. Par rapport aux pays les plus performants (Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande et Suède), le risque d'accident en Belgique est presque trois fois plus élevé. La Confédération Construction lance donc une campagne de communication et de sensibilisation.

Chiffres

Les chiffres sont encore une sous-estimation du nombre total d'accidents dans la construction. Le chiffre de 15.000 victimes ne prend en effet en compte que les accidents des salariés de notre secteur. Autrement dit, les travailleurs temporaires, indépendants et détachés sur nos chantiers belges sont également victimes d'accidents du travail mais ne sont pas comptés.

Fedris mentionne pour 2016 un nombre de 826 accidents de travail survenus à des intérimaires occupés dans des entreprises de construction. Aucune source officielle n’enregistre les accidents survenus aux indépendants et aux salariés étrangers en détachement en Belgique. De tels accidents sont sans doute nombreux dans la construction. Une estimation de la Confédération Construction suppose que le nombre d'accidents dans la construction est probablement supérieur à 20.000 par année, lorsque l’on tient compte de tous les employés.

La moitié des accidents du travail ont entraîné une incapacité de travail de courte ou de longue durée. Quelque 15% ont même provoqué une incapacité permanente et, dans de rares cas (0,2%) même le décès de la victime. De nombreux accidents du travail sont causés par une chute de la victime ou la perte de contrôle d’une machine ou d’un outil.

Mais les architectes et les clients peuvent aussi contribuer à améliorer la sécurité, et certainement le gouvernement lors de la commande de grands bâtiments, affirme Véronique Vanderbruggen, porte-parole de Confédération Construction. « Nous avons tous la responsabilité que lorsque des écoles ou des routes sont construites, cela ne se fasse pas au détriment de bras et de jambes ».

Campagne

La Confédération a approuvé un programme de communication et des campagnes de sensibilisation dans le domaine de la sécurité au travail pour réduire de manière significative le nombre d'accidents de travail dans le secteur. Le Forum Construction en 2018 a été le premier point fort de ce programme ; ce rapport annuel sur le site de la Confédération Construction en est un second. Les deux ouvrent la voie à une grande campagne de communication qui débutera fin août 2018.

Rapport annuel

Dans le rapport annuel, la sécurité au travail est analysée sous tous les angles. En huit chapitres l’état des lieux de la sécurité dans le secteur de la construction est détaillé. Après l’analyse des données et des réglementations, place au chapitre 3 et à une Analyse pratique de la prévention sur les chantiers, truffée de témoignages et d’avis. D’entrepreneurs. De travailleurs. Mais aussi d’architectes ou de la direction générale Contrôle du bien-être au travail.

Le chapitre 4 plonge le lecteur dans l’option fondamentale prônée par la Confédération. Face aux conséquences dommageables des accidents et face à la complexité du, des métier(s), il n’est qu’une solution : muer la sécurité en une culture d’entreprise.

Mais que nul ne se leurre ! Sans de francs Partenariats axés sur la sécurité entre maîtres d’ouvrages, architectes ou donneurs d’ordres et un apport de la technologie, la route serait plus sinueuse encore. C’est ce que démontre le chapitre 5.

Le niveau de connaissances des intervenants n’est pas à négliger, lui non plus. Aussi le chapitre 6 se consacre-t-il à un « indispensable outil » : les formations et le rôle qu’y jouent, par exemple, les Confédérations locales.

Vient, ensuite, le moment de se pencher sur L’approche européenne. Dans ce chapitre 7, intervient le droit européen, bien sûr mais aussi l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail.

Le Plan d’action de la Confédération Construction pour l’intégration de la sécurité dans la culture du secteur nourrit pleinement le chapitre 8. Il y est dûment fait mention de road show, de charte, de sensibilisation, campagne de communication ou d’ateliers de réflexion, par exemple.

Publié 02-07-2018

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