Sécurité

Un employeur condamné à la suite d'un accident de travail mortel

Dans le cadre d'un accident de travail mortel à Bruges, l'auditorat du travail a demandé une peine de prison effective d'un an à l'encontre de l'employeur Kontrimo. La défense a demandé l'acquittement.

Accident du travail mortel

L’accident est survenu le 6 mai 2014 à Bruges. Sept travailleurs de Kontrimo étaient occupés à démonter un échafaudage jouxtant l’église Ste Madeleine. La victime se trouvait à huit mètres de hauteur quand elle a été heurtée à l’arrière de la tête par un tube de sept kilos. Elle a alors chuté et a été tuée sur le coup. Ses parents demandent chacun 5 000 euros de dommage moral.

Selon l’auditorat du travail, l’accident est dû à l’inefficacité de la politique de sécurité menée au sein de Kontrimo. L’entreprise et son gérant ont dès lors été poursuivis pour une série d’autres infractions :
  • la victime portait un casque sans mentonnière qui était de ce fait tombé juste avant l’accident ;
  • les tubes d’un mètre et demi de longueur étaient jetés sans autre mesure de précaution vers l’étage inférieur.

Un second accident

Le 27 juin 2014, un nouvel accident s’était produit sur un chantier. Lors du montage d’un échafaudage à Gand, la structure n’avait pas été ancrée sur la façade et un ouvrier impliqué dans cet accident avait été grièvement blessé. Des contrôles effectués ultérieurement avaient révélé que le personnel de Kontrimo travaillait régulièrement sans protection à de hauteurs élevées. « L’employeur joue avec la vie des ouvriers. En 2011, il avait déjà été condamné par le tribunal correctionnel de Termonde », a poursuivi l’auditeur du travail Annelies Huys.

L’avocat de l’employeur a plaidé que son client s’est bel et bien préoccupé de la sécurité de ses travailleurs. En outre, Kontrimo dispose d’une analyse des risques pour ces échafaudages et compte dans ses rangs un conseiller en prévention.

Enfin, un ex-travailleur de Kontrimo âgé de 50 ans devait également répondre d’homicide involontaire. Le jour fatidique, Peter D.R. (Bredene) avait lancé un tube à son collègue qui se trouvait quatre mètres plus bas. Mais ce dernier n’était pas prêt, de sorte que le tube avait frappé la victime à la tête.

L’employeur de Kontrimo risque une amende et une peine de prison. Le jugement sera prononcé le 25 mai.

Publié 11-05-2016

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