Sécurité

Une intérimaire blessée à cause d’une machine trop peu protégée

Une intérimaire employée dans une usine de production de verre a encouru diverses blessures aux mains après s’être fait happer par un des axes de la ligne de transport. Bien que l’usine ait déjà fait l’objet de plusieurs avertissements, la machine n’était toujours pas suffisamment sécurisée. Arbo Online détaille les leçons tirées de cet incident.

Description de la machine et de l’accident

L’intérimaire travaillait au département de fabrication du verre de sécurité. Au moment de l’accident, elle était occupée sur la ligne de transport des feuilles de verre, composée de plusieurs axes en rotation. L’un de ces axes a happé sa main droite et alors qu’elle essayait de la dégager de la main gauche, cette dernière et le gant qu’elle portait ont eux aussi était pincés par la machine.
 
Entendant qu’il y avait un problème, un collègue a arrêté l’installation avant de découper le gant avec le chef de l’équipe de nuit, de manière à libérer la main.

À l’hôpital, il est apparu que le majeur gauche de la victime avait subi de multiples fractures durant l’accident, tandis que l’annulaire gauche et la main droite étaient luxés. La victime est restée hospitalisée durant neuf jours puis a suivi six semaines de revalidation après avoir subi plusieurs opérations.

Lessons learned

Le fournisseur du système de transport n’avait pas prévu de protection des axes à hauteur de leurs points de fixation au châssis. Les emplacements problématiques, notamment les transitions ou les points de fixation des bandes transporteuses à hauteur desquels les travailleurs doivent se placer pour commander ou entretenir l’installation, ne sont pas toujours protégés contre le risque de pincement. De ce fait, il arrive parfois que les opérateurs et les techniciens d’entretien se retrouvent avec un membre coincé.

L’entreprise aurait pu éviter cet accident en installant une protection devant les axes de la bande transporteuse. Une analyse des risques et un plan d’action datant de 3 ans avant l’accident avaient déjà mis en évidence l’existence de risques de pincement sur cette ligne de transport. Toutefois, au moment de l’accident, l’employeur n’avait encore mis en œuvre aucune des mesures de prévention proposées.

Plusieurs années de négligence

Un an avant cet accident, il s’en était déjà produit un autre pratiquement identique au sein de la même entreprise. L’inspecteur avait alors signalé les dangers potentiels à la firme ainsi que les solutions disponibles pour sécuriser les endroits à risques et éviter ainsi de se faire happer un membre. Il aurait par exemple été possible d’installer un écran lumineux ou des platines de protection entre les axes et les rouleaux, ou encore d’encoffrer chaque rouleau. L’analyse des risques spécifiait explicitement que les instructions et les explications étaient lacunaires et que la surveillance était défaillante.

Amende

L’entreprise s’est vu infliger une amende de 12 000 euros. Les pièces mobiles de l’équipement de travail qui présentaient un danger n’étaient pas pourvues d’écrans ou de dispositifs de protection suffisants pour prévenir autant que possible le danger, notamment à hauteur des endroits où les axes présentaient un risque de coincement là où devaient stationner les opérateurs.


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Publié 10-10-2017

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