UNIZO craint une augmentation des burn-outs dans les PME à la suite d’un manque criant de personnel

UNIZO s’est penché sur la pénurie de personnel dans les PME et sur ses conséquences. Son rapport révèle que la majorité des PME ont du mal à trouver le personnel nécessaire. Les employeurs et les collaborateurs doivent compenser cette pénurie en assumant des tâches supplémentaires, ce qui accroît le risque de burn-out.

Les résultats

Quelques chiffres édifiants :
  • La majorité (84 %) des PME éprouvent des difficultés à trouver de nouveaux effectifs, et 42 % des PME n’ont trouvé absolument aucun candidat adéquat pour un poste actuellement vacant. 
  • Au total, 80 % des employeurs sont disposés à donner une chance à des candidats présentant un profil moins adapté et à prévoir les formations nécessaires, la motivation primant le parcours et le diplôme. 
  • Par ailleurs, 60 % des employeurs travaillent eux-mêmes davantage pour compenser ce manque d’effectifs.
  • Quant aux collaborateurs, ils sont 51% à être invités à assumer des tâches supplémentaires.
Il ressort d’une autre étude de Miet Lamberts (HIVA, KU Leuven) que les employeurs de très petites entreprises occupant moins de 10 collaborateurs subissent davantage de stress (61 %) que les indépendants sans personnel (36 %) ou les travailleurs eux-mêmes (33 %). De plus en plus d’indépendants envisageraient dès lors de travailler sans personnel et de collaborer avec d’autres collègues indépendants pour des missions de plus grande envergure.

L’avenir

Danny Van Assche, Administrateur délégué d’UNIZO, craint une vague de burn-outs si la situation ne s’améliore pas. Le manque de personnel complique encore plus la prise en charge du surcroît de travail dans les très petites entreprises, qui n’occupent que quelques travailleurs.

Le vieillissement de la population ne fera qu’accentuer cette pénurie. Selon le Steunpunt Werk, quelque 400.000 travailleurs prendront leur pension et devront être remplacés au cours de la prochaine législature. Le Comité d’étude sur le vieillissement (CEV) prévoit une baisse de 52.000 personnes en âge de travailler (18-66 ans) d’ici 2030.

La solution ?

Pour y remédier, Danny Van Assche propose de relever le faible taux d’activation en Belgique. Unizo a réuni dans son rapport les propositions avancées par les personnes interrogées afin d’y parvenir. Quelques exemples : 
  • Une amélioration des trajets de réintégration des absents de longue durée
  • Une hausse des salaires nets sans augmentation des coûts salariaux 
  • L’activation de divers groupes cibles
  • Le recours à un organisme de placement efficace
  • Un système de réserve de main-d’œuvre interrégional
  • Une meilleure accessibilité des entreprises en transports publics et à vélo.

Remarque critique : le bien-être psychosocial comme priorité ?

Par ailleurs, UNIZO plaide en faveur de la diminution du congé parental et de l’extension des flexijobs. Ce type de mesures soulève toutefois des questions quant à l’équilibre travail/vie privée et au bien-être psychosocial des collaborateurs. Pour éviter une augmentation du nombre de burn-outs, il sera nécessaire d’agir préventivement en optimisant les conditions de travail et en prévoyant un travail faisable, afin que les collaborateurs puissent aller travailler et poursuivre leur carrière en bonne santé. 

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Publié 04-06-2019

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