Sécurité

Vive la journée de travail de 6 heures ?

La Suède expérimente depuis quelque temps l’introduction de la journée de travail de 6 heures comme solution possible au stress induit par le travail. Les autres pays d’Europe se penchent également sur la question. Ce nouveau régime de travail suscite cependant la polémique car on n’en connaît pas encore clairement les conséquences. Cet article fait le point sur la situation et analyse les avantages et les inconvénients d’une journée de travail de 6 heures avec maintien du salaire à temps plein.

Origine

L’idée de la journée de 6 heures est née d’une expérience menée par Toyota en 2003. Le groupe automobile avait fait le constat qu’un travailleur ne pouvait pas garder le même niveau de productivité et de concentration huit heures par jour. Dans la même logique, il a moins de temps à consacrer à sa vie sociale et familiale s’il travaille 8 heures par jour. L’introduction de la journée de 6 heures réduirait par ailleurs le taux de chômage, puisque les entreprises auraient besoin de plus de personnel pour assurer leur fonctionnement.

État des lieux

Le régime de 6 heures par jour ne s’applique cependant pas à tous les travailleurs suédois, loin de là ! À ce jour, seules quelques entreprises et organisations établies à Göteborg ont réellement adopté ce nouveau système. L’une d’entre elles est une maison de retraite. Et depuis qu’elle a adopté cet horaire de travail réduit, le taux d’absentéisme dû à des problèmes de santé liés au travail est en légère baisse : il est passé de 6,4 % à 5,8 %. Cette mesure a cependant un coût qui se répercute sur le contribuable puisque des subsides sont octroyés à la maison de retraite.

La Belgique s’intéresse elle aussi à cette nouvelle tendance. Le vendredi 28 octobre 2016, le gouvernement fédéral a approuvé le projet de loi sur le travail faisable et maniable, à l’initiative du ministre de l’Emploi Kris Peeters. « Avec la nouvelle loi, j’ai voulu mettre en place plus de flexibilité, pour l’employeur, afin que celui-ci puisse être concurrentiel sur le marché et créer des emplois supplémentaires, mais certainement aussi pour le travailleur, afin que celui-ci puisse à présent choisir parmi un plus large éventail de solutions visant à favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée », souligne le ministre de l’Emploi Kris Peeters.

Avantages et inconvénients

Les expériences menées récemment en Suède ont montré une augmentation de la productivité, ainsi que d’un autre facteur encore plus important : le bonheur. Il s’agit bien entendu d’un élément fondamental.

Certains émettent cependant des critiques à l’égard de la formule. Les sceptiques avancent ainsi qu’il existe d’autres manières d’augmenter la productivité, par exemple via la stimulation de l’exercice physique et d’une meilleure alimentation ou encore l’aménagement d’espaces augmentant la productivité sur le lieu de travail. Comme nous l’avons déjà évoqué précédemment, l’introduction de la journée de travail réduite nécessite des subsides qui coûtent beaucoup d’argent au contribuable. Par ailleurs, les travailleurs sont nombreux à préférer concentrer la semaine sur quatre journées de huit heures plutôt que sur cinq journées de six heures. Enfin, on peut aussi se demander si la pression de travail ne va pas augmenter. Le travailleur ne risque-t-il pas d’avoir l’impression de disposer de moins de temps pour effectuer la même quantité de tâches ?

Plus d’infos sur senTRAL :
Un nouvel outil en ligne de gestion du stress
Risques psychosociaux au travail

 Sources :
- Hays, ‘Hoe zit het nu eigenlijk met de 6 – urige werkdag?’, 17 octobre 2016.
- Kris Peeters, ‘Wetsontwerp Werkbaar Wendbaar Werk goedgekeurd’, 28 octobre 2016.

Publié 21-11-2016

  35