Vous toussez à cause de l’air conditionné ? Que faire ?

L’air conditionné au travail est à la fois une bénédiction et une malédiction. Elle offre le confort de travailler à une température idéale par une chaude journée d’été ou un froid matin d’hiver. Mais la climatisation provoque également divers maux, comme une toux persistante, chez certains collaborateurs. Si l’air trop sec est souvent considéré comme la cause du problème, ce n’est pas le seul facteur qui entre en jeu. Dans cet article, nous allons approfondir les causes précises de ces inconforts ainsi que les solutions possibles.


 Troubles

Une vaste étude médicale, parue en 2004 dans l’International Journal of Epidemiology, a démontré que les collaborateurs actifs dans des bâtiments climatisés étaient statistiquement plus souvent malades. Ces affections prennent divers formes.
Maux de tête, fatigue générale, étourdissements et même fièvre font partie des maux non spécifiques souvent relevés. La plupart du temps, les travailleurs se plaignent également d’irritations des yeux et d’affections des voies respiratoires supérieures comme la toux, les éternuements et l’essoufflement. La toux sèche irritante est le symptôme le plus fréquent.
Causes
Trois grandes causes principales induisent des pathologies liées à la climatisation : les causes irritantes, allergiques et toxiques.
L’irritation spécifique des voies respiratoires est la cause principale de ces inconforts. Lorsque le taux d’humidité est inférieur à 40 %, que l’air est trop sec, une majorité des travailleurs développent une toux irritante. Un écart de température trop élevé entre l’intérieur du bâtiment et l’extérieur peut provoquer une irritation non spécifique des voies respiratoires. Les composés organiques volatils (COV) constituent une troisième cause d’irritation : ces substances chimiques se dispersent généralement dans l’air en raison des détergents utilisés. Dans de rares cas, ces COV sont dus aux émissions des processus de production dans d’autres départements du bâtiment.
  • Les
allergies peuvent aussi jouer un rôle dans les cas de toux. Les pollens se répandent davantage par les systèmes d’air conditionné, ce qui peut accroître les troubles chez les personnes atteintes de rhinite allergique. Lorsque le taux d’humidité est égal ou supérieur à 50 %, les acariens peuvent prospérer dans les systèmes et se répandre dans l’air. D’autres allergènes, comme les squames de chiens ou de chats, risquent aussi de se répandre dans l’air via la climatisation.
  • Le troisième groupe englobe les facteurs toxiques. Lorsque l’humidité dépasse les 60 %, les bactéries ou champignons commencent à se multiplier dans les filtres ou les buses du conditionnement d’air. Dans certaines circonstances, cela peut même entraîner une pneumopathie d’hypersensibilité, également appelée «
maladie des climatiseurs ». Ces cas sont très rares. Toutefois, les déplacements d’air favorisent la propagation des bactéries et des virus du rhume ou celui de la grippe dans le bâtiment.
Évaluation de la situation
Dans un premier temps, il est important d’analyser les symptômes dont se plaignent vos collaborateurs. S’ils sont nombreux à présenter les mêmes problèmes, c’est peut-être qu’ils souffrent du « syndrome du bâtiment malsain », causé par une climatisation défectueuse.
Des mesures de la qualité de l’air, y compris du taux d’humidité, peuvent aider à identifier l’origine des problèmes.

Solutions

  • La meilleure approche consiste à agir à la source. Le système d’air conditionné est peut-être mal réglé ? Idéalement, le taux d’humidité de l’air doit se situer entre 40 et 60 %.
  • La température intérieure ne doit pas non plus trop différer de la température extérieure : l’écart idéal se situe entre 4 et 6 °C.
  • Si les composés organiques volatils semblent être la cause du problème, il est intéressant d’examiner attentivement les produits d’entretien et de voir s’ils peuvent être remplacés par des produits moins irritants.
  • Les filtres doivent idéalement être nettoyés ou remplacés régulièrement : au moins une fois par an, voire plus en fonction notamment du nombre de travailleurs présents et de la qualité de l’air extérieur.
  • Il arrive aussi que les mesures ci-dessus soient insuffisantes. Dans ce cas, il faut agir au niveau individuel.
  • L’air conditionné crée un déplacement d’air et a tendance à l’assécher. On perd donc plus d’humidité en respirant et en transpirant. Pour compenser, il faut boire plus d’eau, ce qui est de toute façon recommandé. Nous avons généralement tendance à être sous-hydratés.
  • Si l’air conditionné souffle directement sur le poste de travail du collaborateur, l’inconfort sera encore plus marqué. Un changement de configuration ou du poste de travail peut alors soulager le travailleur.
  • S’il présente une plus grande sensibilité, le collaborateur peut être invité à consulter son médecin traitant afin de trouver une solution médicamenteuse. Les personnes asthmatiques, par exemple, pourront se débarrasser de leurs symptômes grâce à des antihistaminiques ou à un inhalateur.
  • Si les plantes favorisent le bien-être mental, elles ne contribuent malheureusement pas à la qualité de l’air. Leur supposé effet dépolluant n’est malheureusement pas fondé. Par contre, le simple fait d’ouvrir un peu la fenêtre peut parfois faire des miracles.
  • Une dernière précision : tout ce qui précède est également valable pour l’air conditionné en voiture. Son entretien régulier passe parfois à la trappe, ce qui peut entraîner des troubles persistants des voies respiratoires supérieures en cas de trajets fréquents et prolongés.
Conclusion
Un mauvais réglage ou entretien de l’air conditionné occasionne parfois de l’inconfort et des problèmes de santé chez les travailleurs.
Pour remédier au problème, il est important d’en identifier la cause, ce que permettent les mesures de la qualité de l’air.
Plus d'information sur senTRAL : 
NBN EN ISO 16000 Air intérieur
L’impact de la qualité de l’air sur le bien-être des travailleurs
 

Publié 05-12-2019

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